Si j'ose dire, quésaco ?

Des chansons originales... à lire, à écouter (ici, notre chaîne YouTube), à reprendre, à diffuser, à fredonner, à brailler...

samedi 22 septembre 2018

La fausse note

Toute la journée, elle va, elle vient,
Il faut qu'ça bouge, il faut qu'ça pulse
Dans les dédales du quotidien
Où elle s'agite pour un bonus
Elle veut oublier la p'tite fille
Qu'elle était il y'a trente ans
Haut perchée sur ses talons aiguilles
Elle maquille ses sentiments

Elle joue à être heureuse
La vie est merveilleuse
Mais ça sonne faux
Mais c'est pas beau
Dans cette rose ritournelle, y'a une fausse note

Toute la journée, elle travaille
Heureusement qu'y'a le travail
Et quand au travail, y'a plus de travail
Qu'il faut bien rentrer au bercail
Alors elle invente n'importe quoi
Pour ne pas r'trouver le silence
Et cette petite fille qui n'comprend pas
Pourquoi se termine son enfance

Elle joue à être heureuse
La vie est merveilleuse
Mais ça sonne faux
Mais c'est pas beau
Dans cette rose ritournelle, y'a une fausse note

Toute la journée, elle s'agite
Même si ça n'sert pas à grand-chose
Allez, un dernier tour de piste
Allez, juste une dernière dose
Mais le diable ressemble à l'ange
Y'a du goudron sous cette neige
Et une petite fille à l'air étrange
Vient prendre place dans le cortège

Elle joue à être heureuse
La vie est merveilleuse
Mais ça sonne faux
Mais c'est pas beau
Dans cette rose ritournelle, y'a une fausse note

mardi 14 août 2018

Yves et Bernard

Yves est un monsieur qui, dans la vie, 
A réussi, comme on dit
Il habite un bel appartement, vue sur la Seine, 
Terrasse, un vrai palace
Bernard, c'est un SDF qui passe sa vie  
A mendier un peu de vin
Mais aujourd'hui le destin va se charger 
De leur trouer un point commun

Il est 17h quand, tout à coup, 
Leur cœur décide que, lui, il arrête là
Faites comme vous voulez, moi je m'en vais, 
Rendez-vous à jamais, et c'est comme ça
La femme d'Yves se précipite sur l'téléphone 
Et, en catastrophe, fait le 18
Et Bernard s'écroule lentement 
Sous le regard compatissant des passants

Voilà les secours chez Yves, tiens-bon chéri, 
Tu vois, le médecin arrive
Mais comme c'est une résidence sécurisée, 
Il faut plein de codes pour entrer
La femme d'Yves s'en souvient plus, elle ne sait plus,
Elle s'y r'trouve plus, c'est la panique              
Il faut dire que, d'habitude,
Elle n'utilise qu'un simple badge magnétique

Bernard, pendant c'temps-là, a plus de chance 
Puisqu'un pompier passe par là
Le type comprend tout d'suite et t'inquiète pas
Mon gars, je m'occupe de ton cas
Et pendant que les secours trépignent 
Devant l'interphone,Yves s'envole
Et Bernard revient à la vie, bien étonné que, 
Pour une fois, elle lui sourie

Cette histoire est véridique, merci au bon 
Docteur Pelloux pour la chronique
C'est une fable moderne, genre le corbeau 
Et le renard technologique
Mais ne comptez pas sur moi pour en tirer une
Substantielle morale
Dans le grand cirque du monde, on dirait 
Qu'il s'amuse,Monsieur Loyal

Dans le grand cirque du monde, on dirait 
Qu'il s'amuse bien, Monsieur Loyal

lundi 30 juillet 2018

Les enfants des 30 glorieuses

Les enfants des 30 glorieuses
Ont la figure un peu piteuse
Où sont passés les arcs-en-ciel,
Les étincelles, les hirondelles?
Où sont passés tous ces avions
Qui nous emmenaient vers l'horizon
Pour construire un nouveau pays
Et y vivre enfin la vraie vie?

Les enfants des 30 glorieuses
Trouvent la vie franch'ment menteuse
Où sont passés les lendemains
Qui chantent de joyeux refrains?
Où est passée la conviction
Qu'on ne va pas vivre comme des cons
Que même avec un p'tit bagage
On peut s'offrir un beau voyage?

Les enfants des 30 glorieuses
Trouvent la blague assez miteuse
Ils ont hérité d'une dette
Et de déchets du genre pas net
Avec, au d'ssus, quelques nuages
Porteurs de bien sombres présages
Sur cette planète surpeuplée
On a du mal à respirer

On a du mal à respirer

lundi 16 juillet 2018

C'est toujours la même mer

C'est toujours la même mer
Ce sont toujours les mêmes eaux
Depuis Homère
Ce sont toujours les mêmes flots
Qui baignent la terre
Terre des hommes
Pauvres petits bonhommes
Perdus dans l'univers
Ce ne sont plus les mêmes frontières
Mais c'est toujours la même mer

C'est toujours la même mer
Et c'est toujours la même guerre
Le même désastre
Ce sont toujours les mêmes massacres
Et c'est toujours la même sang
Qui coule aussi rouge qu'avant
Sur le sable du désert
Ce ne sont plus les mêmes frontières
Mais c'est toujours la même guerre

C'est toujours la même mer
Et c'est toujours la même chimère
La même lueur
Et le même horizon farceur
Rêves de gloire et de bonheur
On veut le paradis, on crée l'enfer
On veut Jésus, c'est Lucifer
Ce ne sont plus les mêmes frontières
Mais c'est toujours la même chimère

Mais la mer
Elle s'en fout, la mer
Elle roule tranquillement ses petites vagues
Elle attend que ça se tasse

Les coups

Toute sa vie, on prend des coups
Des coups de main
Des coups de pied
Des coups de poing
Des coups de pouce
Des coups de pot
Des coups de bol

Des coups de tête
Des coups de pompe
Des coups de griffe
Des coups de foudre
Des coups de feu
Des coups de jus
Des coups de massue
Des coups de vieux
Des coups d'soleil
Des coups de gueule
Des coups de blues
Des coups de coeur

Des coups francs
Et des coups bas
Et même des courageux

Sans oublier les coups de théâtre
Ça fait beaucoup...
Mais tous les coups sont permis! 

mardi 26 juin 2018

Le chant du silence

J'écoute
Le grondement de la ville 
Qui se réveille
Fauve docile

J'écoute
Dans la cour de l'école
Ces cris d'enfant
A pigeon-vole

J'écoute
Les rires des amoureux
Z'ont du soleil
Tout plein les yeux

J'écoute
J'écoute le chant du silence
Caché derrière les turbulences
Les sirènes des ambulances

J'écoute
Du côté de Wall Street
Une rumeur 
C'est la faillite

J'écoute
Les propos délétères
D'un apprenti facho
Bien ordinaire

J'écoute
L'énorme fracas du monde
A la télé
Et sur les ondes

J'écoute
J'écoute le chant du silence
Caché derrière les turbulences
Les sirènes des ambulances

J'écoute
Les commentaires des héros
Glorieux vainqueurs
A l'apéro

J'écoute 
Derrière les hautes grilles
L'étrange murmure
D'un secret de famille

J'écoute
Les confidences de le lune
Ses espoirs, ses déboires et puis
Ses bonnes fortunes

J'écoute
J'écoute le chant du silence
Caché derrière les turbulences
Les sirènes des ambulances


mercredi 21 mars 2018

La cathédrale

Elle découpe sur le ciel noir
Ses frisotis de pierre
Ses tours dressées vers l'au-delà
Incessante prière

Et moi qui passe le cœur en berne
Et tout plein de mes petits problèmes
Je jette un œil vers les cieux
Comme toujours silencieux

Coincée entre deux batiments
Un Quick et un Mac Do
Elle respire difficilement
Elle respire par le haut

Et moi qui passe le cœur content
Et tout plein de mes petits arrangements
Je jette un œil vers le bon Dieu
Comme toujours silencieux

Et puis ma vie m'a rappellé
A l'ordre et j'ai filé
Mais il suffit d'une seconde
Pour enchanter le monde

Elle ne m'a rien appris sur l'au-delà
Mais beaucoup sur la beauté ici-bas
C'est déjà ça

lundi 29 janvier 2018

Je n'sais pas bien parler d'amour

Je n'sais pas bien parler d'amour
Les mots me paraissent bien lourds
Pour exprimer toute la douceur
De ce qui ressemble au bonheur
Je n'sais pas bien parler d'amour
Et quand j'esquisse les contours
De mes ardeurs, les mots s'esquivent
Pressés de rejoindre l'autre rive

Je n'sais pas bien parler d'amour
Oui mais quand même je t'aime

Je n'sais pas bien parler d'amour
Pourtant j'essaie chaque jour
Mais dans ma gorge, les mots se bloquent
Je suis sans doute un peu cinoque
Je n'sais pas bien parler d'amour
Pourtant l'amour, moi, je suis pour
Pour être moins énigmatique
Faisons appel à la musique

.............................

Je n'sais pas bien parler d'amour
Oui mais quand même je t'aime

Je n'sais pas bien parler d'amour
Pourtant j'aimerais te faire la cour
Et inventer des mots fleuris
Pour te re-séduire, ma chérie
En attendant ce jour charmant
Où je rimerai mes sentiments
J'remplace les mots par des baisers
Et ça s'termine sur l'oreiller

Je n'sais pas bien parler d'amour
Oui mais quand même je t'aime
Je t'aime



mardi 16 janvier 2018

En garde, fantôme!

En garde, fantôme!
Défends-toi
Ne compte pas sur moi pour avoir pitié
De ton suaire et de tes vieux os

En garde, fantôme!
C'est l'heure de vérité
Te voici au pied du mur
Qui va bientôt s'écrouler sur ta petite tête
De spectre mal repassé

Ton rictus de vieil imbécile prétentieux ne me fait plus peur
Et s'il me fait encore peur
Je n'ai plus peur de cette peur-là

En garde, fantôme!
Ta vieille épée est toute rouillée
La mienne aussi mais ce n'est pas cela
Qui m'empêchera de te transformer en brochette

Tu auras l'air malin
Une lame en travers du corps
Pour hanter les corridors 
Des âmes en peine

Ton rictus de vieil imbécile prétentieux ne me fait plus peur
Et s'il me fait encore peur
Je n'ai plus peur de cette peur-là

En garde, fantôme!
C'est le moment de montrer ce que tu as dans l'ventre
Mais déjà tu te disloques
Tu tombes en loques
La preuve est faite
Que tu étais en toc

Et toc!

Ton rictus de vieil imbécile prétentieux ne me fait plus peur
Et s'il me fait encore peur
Je n'ai plus peur de cette peur-là


lundi 8 janvier 2018

Paris sans voitures

A Paris sans voitures
Il y a des p'tites fleurs le long des boulevards
A Paris sans voitures
Il y a des balades sans odeurs bizarres

A Paris sans voitures
Il y a du gazon sur les Champs-Elysées
A Paris sans voitures
Il y a des herbes folles sur l'île de la Cité

A Paris sans voitures
Il y a d'la verdure dans le cœur des gens
A Paris sans voitures
On carbure à l'air pur et vive le printemps

A Paris sans voitures
Y'a des chênes centenaires qui vous font la morale
A Paris sans voitures
Il y a des p'tits lapins dans le quartier des Halles

A Paris sans voitures
Il pousse des salades au pied d'la tour Eiffel
A Paris sans voitures
On peut cueillir une rose pour offrir à sa belle

A Paris sans voitures
On sourit à la vie et elle nous le rend bien
A Paris sans voitures
On est tous amoureux et on n'a peur de rien